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"Polo arrive à 5 h 30 au stade pour préparer le repas" : derrière les succès des joueurs de l’US Nérac, on trouve une équipe de bénévoles dévouée
Monique, Jean-Michel, Jean-Claude, Polo, "Biquette" et tous les bénévoles de l'US Nérac sont les chevilles ouvrières indispensables à la bonne santé du club et à la réussite des joueurs sur le terrain. Avant le 16e de finale retour contre Figeac ce dimanche, qui décidera de la montée en Fédérale 2 des Lot-et-Garonnais, rencontre avec ces hommes et ces femmes qui ne comptent pas leurs heures pour leur club de cœur. Une histoire de passion, d'amitié et d'envie de "donner sans attendre en retour". Inspirant, par les temps qui courent…
"C’est un drôle de métier bénévole tout de même." Mercredi soir, pendant l’entraînement de l’US Nérac, tandis qu’une grande omelette aux pommes de terre chante sur la poêle, Jean-Claude, Polo, Monique, "Biquette" et quelques autres qui s’affairent dans le club-house s’autorisent une pause pour évoquer leur engagement dans le club. "On est plusieurs à y consacrer 20-30 heures par semaine." "Toi, tu y es tous les jours", lance Monique à Jean-Claude.
L’USN compte environ une cinquantaine de bénévoles. "Comparé à ce qu’on voit autour, ce n’est pas mal, estime Jean-Claude Baury, le "logisticien" de l’équipe. On essaye de conserver ce nombre. Mais c’est compliqué d’attirer des nouveaux, notamment d’anciens joueurs."
"Donner sans attendre en retour"
Qu’est-ce qui motive alors ces hommes et ces femmes, souvent retraités, à donner autant de leur temps et de leur énergie au club de rugby ? "On commence à donner un coup de main de temps en temps, et puis..." "Être bénévole, c’est une certaine idée du partage, donner sans attendre en retour. On se contente d’un bonjour et d’un merci de la part des joueurs. Des bons garçons dans l’ensemble." "Puis on prend du plaisir. Sinon, on ne serait pas là."

À Nérac, les joueurs et joueuses sont particulièrement choyés par leurs bénévoles. Un repas leur est servi – contre une modeste participation – les mercredis et vendredis soirs, et le dimanche midi avant le match. "Cela ne se voit pas partout..." La cuisine, c’est l’espace de Polo. Depuis 20 ans, cette figure de l’USN, casquette en arrière et mégot au bout des lèvres, est le chef cuistot du club. "Le dimanche, j’arrive au stade vers 5 h 30-6 heures du matin. J’aime bien travailler dans le calme."
Des dimanches à rallonge
L’ancien cuisinier n’a rien perdu de sa passion, qu’il conjugue à celle de son club de cœur. "Cette année, on a un préparateur physique au club. Il ne surveille pas mes menus (sourire). Le dimanche, c’est viande blanche. Pourtant, j’ai souvenir qu’avant, on nous conseillait la viande rouge avant les matchs."
Polo et ses amis ne cuisinent pas que pour les joueurs le dimanche. Car bien souvent à André-Duprat, un repas plus élaboré est proposé aux supporters : entrée, plat, fromage, dessert. Ce dimanche, pour le match décisif contre Figeac, près de 300 convives sont attendus. "Mais où on va tous les mettre ?" "Ne t’inquiète pas, on trouvera..."
Le dimanche, les bénévoles arrivent au stade dès 8 h 30-9 heures. Entre la préparation du service du midi, du stade, de la cuisine, il y a du pain sur la planche... Et cela dure jusque tard dans la journée. "Plusieurs bénévoles n’assistent même pas aun match. Je pense à ceux qui font la vaisselle, tiennent la buvette ou l’entrée du stade", souffle Jean-Claude Baury.
100 000 euros de retombées économiques sur le Néracais
Thierry Sourbets, le président du club, ne tarit pas d’éloges sur cette équipe de bénévoles dévoués, indispensable à la bonne marche de l’USN. "Par leur travail, entre l’achat de nourriture et de boissons dans les commerces locaux, ils génèrent près de 100 000 euros de retombées économiques sur le Néracais. Soit un tiers du budget du club." Aussi, avec les autres dirigeants du club, il a décidé de leur offrir une journée pour les remercier le 20 juin. Une première. Mais à la hauteur de leur engagement.
Avant cette journée de détente, les bénévoles jaunes et noirs attendent surtout celle de dimanche, avec le match retour contre Figeac à 15 heures, qui décidera de la montée de Nérac en Fédérale 2. "Il y a trois semaines contre Saint-Palais, l’ambiance était extraordinaire. Nous n’avions pas vu ça depuis 40 ans ! 1 500 personnes étaient au stade. Ce dimanche, on en attend près de 2 000."
Une journée bien chargée les attend. Mais si les sourires, l’euphorie et la fête s’emparent d’André-Duprat sur les coups de 17 heures, Jean-Marc, Polo, Monique et tous les autres oublieront bien vite les heures passées au service de leur club.
Pierre Cornu
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